
À l’heure où l’urgence climatique n’est plus une hypothèse mais une réalité, continuer à défendre la croissance du trafic aérien relève désormais du déni.
C’est précisément ce qu’est venu rappeler Anthony Viaux lors de la conférence organisée le 11 mai 2025, à Cinélac au Bourget-du-lac. Ancien commandant de bord à Air France et auteur de Voyage interrompu, il porte une parole rare : celle d’un professionnel du secteur qui appelle, avec lucidité, à réduire le trafic aérien.
Son témoignage est sans ambiguïté. Après avoir été au cœur du système pendant des années, il en décrit aujourd’hui les impasses. Les promesses d’un aviation “verte” ne résistent pas à l’analyse : les innovations technologiques ne permettront pas de compenser l’augmentation continue du nombre de vols. Persister dans cette trajectoire revient à aggraver une situation déjà critique.
Mais ce constat global trouve une traduction très concrète, ici même, sur notre territoire. À l’aéroport de Chambéry Savoie Mont Blanc, la reprise de la saison s’accompagne du retour intensif de l’activité de parachutisme. Un avion qui enchaîne les rotations, monte et redescend sans relâche, imposant aux riverains un bruit répétitif, entêtant, et profondément dégradant pour leur qualité de vie.
Cette situation est d’autant plus inacceptable qu’elle révèle une inéquité flagrante. D’un côté, les habitants sont soumis à des règles strictes en matière de nuisances sonores, avec des sanctions à la clé. De l’autre, une activité purement récréative bénéficie d’une tolérance qui semble échapper à toute logique.
Comment justifier qu’un loisir puisse imposer de telles nuisances, sans réelle régulation ni prise en compte des habitants ?
Ce que vivent les riverains n’est pas un simple désagrément. C’est une illustration concrète d’un modèle à bout de souffle, où les intérêts économiques et récréatifs priment encore sur la santé, le cadre de vie et l’intérêt général.
Le message porté par Anthony Viaux résonne ici avec force : il est temps de sortir du déni et d’engager une véritable réduction du trafic aérien, en particulier lorsqu’il s’agit d’activités non essentielles. Continuer à fermer les yeux, c’est accepter que ces nuisances perdurent et s’aggravent.
Notre association continuera à porter la voix des riverains et à dénoncer ces situations injustifiables. Car au-delà des discours, ce sont des décisions concrètes qui sont attendues.
Retrouvez l’article de la rencontre sur Le Dauphiné :
https://www.ledauphine.com/transport/2026/05/14/une-rencontre-autour-de-la-pollution-aerienne-avec-anthony-viaux
